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L’Energy Observer, le Solar Impulse marin à la conquête du monde


Ecrit par: Alice B / Publié le : 7 juillet, 2017 (mis à jour le 7 juillet, 2017) / Pas de commentaire
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Un peu  d’histoire

Le 10 août 1519 à Séville , la flotte de Ferdinand de Magellan levait l’ancre pour un voyage autour du monde qui devait durer trois ans.  

Le 15 novembre 1766 à Nantes, Jeanne Barret embarque, habillée en homme (les femmes étant alors interdites de mer) avec Philibert Commerson et Louis-Antoine de Bougainville (à leur insu) à bord de la frégate La Boudeuse pour le même parcours, devenant la première femme au monde à effectuer une circumnavigation officielle.

En 1952, le docteur Alain Bombard forme le projet quelque peu singulier de traverser l’Atlantique en canoë. Il s’embarque pour un voyage de 65 jours sur un boudin de 5 m de long qu’il nomme avec esprit l’Hérétique, sans eau ni nourriture solide. La légende raconte qu’un jour son canot fut percé par un récif et qu’il fabriqua une rustine de fortune avec les moyens du bord, dont sa propre semence.

En 2010, Alessandro di Benedetto, en 268 jours 19 heures 36 minutes et 12 secondes, bat le record du tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, sur un bateau à voile de 6,5 mètres (le plus petit bateau à tenter un pareil exploit).

À voile, à vapeur, depuis la nuit des temps, la navigation est synonyme de défi et de transgression, et le terrain de jeu de tous ceux qui rêvent d’aventure et de contourner les règles. Et ce n’est pas fini…

L’Energy Observer : 20 000 lieues sur les mers, pas une goutte de carburant et pas de voile

C’est dans cet esprit de conquête et de dépassement de soi et des acquis que l’Energy Observer, catamaran de 30 m de long et construction 100% made in France, a pris la mer jeudi 6 juillet pour un périple de 6 ans. Son but ? Son capitaine, Victorien Erussard le définit très bien :“Nous, on veut montrer que l’écologie, ce n’est pas vivre en ermite dans le désert”. Pourquoi est-il question d’écologie ici ? Parce qu’en plus d’avoir permis à Peter Blake a remporté le Trophée Jules Vernes en 1994, l’Energy Observer a été remastérisée dans une version 2.0 qui lui permet de naviguer propulsé à l’hydrogène et aux énergies renouvelables.

Le bateau à voile ? Trop facile. La traversée à la rame ? Déjà fait. Traverser toutes les mers du globe sans verser une seule goutte de pétrole ? Là ça commence à devenir intéressant.

Avec ses quelques 130m2 de panneaux solaires, ses deux éoliennes de 6m50 de hauteur et son fier équipage composé de 8 personnes, le Solar Impulse des mers n’a rien à envier à son homologue aérien. Le bateau peut atteindre la vitesse record (en vertu de sa taille et de son poids) de 28 km. Encore plus économe en énergie qu’un chat étendu au soleil, il profitera du voyage pour tester en sa chaîne expérimentale de production d’hydrogène.

Le principe ? Se servir de l’eau de mer comme carburant, en effet, pourquoi chercher loin quand la solution se trouve sous nos pieds (littéralement) ? Le liquide est prélevé et désalinisé avant d’être passé sur électrolyseur (un appareil qui permet la décomposition chimique de certaines substances sous l’effet d’un courant électrique) afin de casser la molécule d’eau et qui va la transformer en hydrogène et oxygène.

Le processus a été conçu et développé sous le regard attentif du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), à travers la personne de Roland Reynaud, ingénieur en charge du projet.

Quid du périple ? Il débutera à Paris et comptera 101 étapes à travers le monde, où le bateau s’arrêtera pour promouvoir ces technologies auprès des citoyens, des industriels et des décideurs pour une véritable odyssée de la transition énergétique.

L’Odyssé : Calypso des temps modernes

À travers l’aspect aventureux, le voyage de l’Energy Observer veut montrer le potentiel de l’autoconsommation sur le long-terme. Initialement, il ya également une notion de pédagogie : en concentrant leurs efforts dans la recherche et le développement de matériaux et de sources d’énergie renouvelables, les chercheurs qui ont travaillé à la conception de l’Energy Observer veulent prouver les performance d’un nouveau modèle énergétique durable, enjeu du 21e siècle.

Si un navire peut parcourir les mers pendant six ans en parfaite autonomie énergétique, cela laisse espérer de grandes choses pour d’autres modes de transport et de navigation. Avec son périple de 40 000 km autour du monde sans une goutte de carburant, l’avion Solar Impulse 2 avait propulsé la transition énergétique au rang d’exploit aérien, reste à savoir si son pair marin sera aussi victorieux.

En attendant, l’Energy Observer stationne dans la capitale jusqu’à mi-juillet, avant de quitter la Seine pour les eaux internationales, avec la bénédiction de la maire de Paris Anne Hidalgo, et du ministre et parangon de la Transition écologique Nicolas Hulot . On lui souhaite d’arriver à bon port.

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